Catégorie : Critiques

16 octobre 2017 / Arts

Une amie m’avait dit m’avoir reconnu dans Antoine, et cela sonnait comme une invitation à lire ce texte sans prétention. Préférant me retrouver dans un livre (numérique) que de me voir dans un miroir ou d’organiser un tête-à-tête en vieux couple divorcé avec une conscience à qui je n’ai plus…

12 octobre 2017 / Arts

Attention cette critique révèle la fin du livre et de l’Histoire – vous étiez prévenu.e. Dans toute bonne manipulation, le(s) parti(s) d’oppositions(s) important(s) (ou le groupe de rebelles qui semble être la seule branche de l’alternative face au Pouvoir Pharaonique), est piloté quelque part au sommet de la Pyramide. Un…

7 octobre 2017 / Arts

Que dire de cette livraison 2015 de Jean-Christophe Rufin, somme toute assez ratée ? L’intrigue repose sur le seul montage du texte, avec un procédé consistant à copier-coller un passage révélant que quelque chose va mal se passer et de le mettre en prologue, pour tenir en haleine le lecteur…

21 août 2017 / Arts

Livre abandonné. [chap. VI, p. 137, l. 15, mot ‘Zarathoustra’] Raison 1 : cite Camus, Foucault et Nietzsche toutes les deux pages : trop références précieuses, que le lecteur aille voir lui-même ces textes-sources. Ça fait un peu dissertation de philo stade Terminale avec un peu de course poursuite et les…

29 juin 2016 / Arts

Alain Damasio aime se référer à Gilles Deleuze et Gallimard, bien content de tenir un auteur censé écrire de la fantasy de qualité, met ceci bien en avant dans son édition. Ainsi lit-on comme présentation de l’auteur que, « homme engagé, cet intermittent de la militance affûte ses armes à la forge philosophique (Deleuze et Nietzsche) et en nourrit ses combats concrets autant que ces livres. » Avant même d’attaquer le texte, on peut lire un épigraphe tiré de Mille plateaux. On était donc prévenu, mais voilà donc que la « pensée 68 » étend ses tentacules dans la fantasy. Avec La Horde du contrevent Damasio joue les passeurs entre le continent des amateurs de mondes-qui-n’existent-pas et celui des blablateurs de la génération de dé-penseurs néo-structuralo-post-expérimenthalaux-ultra-bullshito-infra-modernes-mes-couilles. Sur ce plan c’est réussi puisque ce texte en illustre parfaitement l’esbroufe stylistique et intellectuelle.
[On peut arrêter la lecture là, j’ai dit l’essentiel, ensuite j’étale et je dévoile beaucoup]

9 juin 2016 / Arts

PERSONNAGE RIDICULE. — Mais alors, bis d’alors, ter d’alors, comment c’était cette lecture de Don Juan de Michel Ghelderode ? Dis-nous, mais dis-nous, dis-nous donc ! CARNAVAL DE CARNE. — Y avait-il de la finesse, des émotions, de l’humour, de LECTEUR. — C’était… (Entrent des personnages superflus) PERSONNAGE SUPERFLU 1. — As-tu…

29 mars 2016 / Arts

 

Défier Dieu / Déifier Dieu est un double roman d’Atlan Isparo, où chacun des deux a sa propre fin, dans les deux sens du terme, puis s’ils finissent différemment et ne véhiculent pas le même propos. [Difficile d’en dire plus sans trop découvrir deux histoires où le voile est si important]

Ils commencent pourtant tous les deux de la même façon et avec la chanson de Bastien Lallemant, “Un fils de Dieu”. Un inquisiteur au seuil de sa mort, les mains encore sales de sang, de colère et d’horreur, se réveille une matin. Il n’a plus peur de la vengeance des ses contemporains, il ne sait plus trop pourquoi il a voulu mettre des tuteurs si solides comme des fers aux pieds des hommes, il doute. Il demande à Dieu un geste. Mais Celui-ci se cache en son silence, sous ses mille noms, son infinité d’attributs et rien.

20 mars 2016 / Arts

So what? C’est tout ce que j’ai pu penser à la fin de l’écoute de ce texte. Non pas qu’il ait été mauvais. En plus, il m’était narré par Anna Mouglalis, femme qui émeut tellement mes hormones que j’en oublie certains de mes principes, comme de souhaiter à tous les…

10 mars 2016 / Critiques

La question a tiré sur ma manche puis s’est posée devant moi à l’été 2015, après avoir écouté en quelques semaines, Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, Barbe bleue d’Amélie Nothomb, Kinderzimmer de Valentine Goby et Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Barrow et Shaffer sans n’en apprécier aucun : deviens-je misogyne en littérature ? Quelles femmes m’ont procuré plaisir, intérêt ou admiration en les lisant ? Je suis alors parti chercher sur Internet des femmes qui écrivent, des femmes d’aujourd’hui, pour voir ce qu’elles avaient dans les tripes. En vain. Alors il faut bien que je m’arrête un temps et que j’ausculte ce sentiment me poussant à penser que les femmes ne sont pas douées pour la littérature…

Cercles concentriques pour piéger mon interrogation

Une réflexion uniquement sur l’écriture

Je précise que cette question ne se pose à moi que dans le cas de l’écriture car n’ai pas du tout cette impression dans les media (présentation de programmes ou journalisme), ni en humour, ni en musique où les hommes sont capables d’autant de sensibilité que les femmes et celles-ci d’autant de force que les premiers. Sans doute devrais-je rajouter non pas une misogynie mais un agacement certain, en politique, où je déteste que les femmes surjouent de leur féminité ou en fassent un argument de vente (S. Royal, R. Dati, C. Duflot, C. Boutin), alors que ce sont les mêmes crapules que les hommes ; mais ceci au même titre que je déteste les gens qui se cachent derrière leur négritude, leur judaïté, leur jeunesse ou leur islamité pour faire de leur contradicteur un phobique ou un haineux ou un vieux con coupé du monde, paresse intellectuelle qui produit le mal qu’elle prétend combattre. Mais en matière d’écriture, si…

22 février 2016 / Arts

Il y a à peu près un an que j’ai écouté ce texte. Je me souviens l’avoir terminé à 5h du matin, les écouteurs vissés dans mes oreilles à la limite de la greffe sans anesthésie, après avoir tenté par deux fois de remettre l’écoute des derniers chapitres au lendemain – ils n’allaient ni changer ni s’envoler – mais en vain, perdu à ma vie / gagné au texte / perdu dans le Liban de ces années qui ne sont pas encore dans ‘mon’ histoire bien que je fusse né biologiquement alors. Chalandon m’a eu. Jusqu’au cou. J’avais bien lu le Quijote et j’ai pleuré lorsque j’ai fait la rencontre de ce si triste Alonso Quijano. Je n’ai pas pleuré cette fois-ci, calciné au-delà des larmes, bien que Chalandon se soit élevé jusqu’aux parages de Cervantès. Si bien que je me suis retrouvé non pas au bord d’un livre à jouir d’un divertissement pour bourgeois désœuvré, mais dedans, devenu Georges comme j’avais subi le sort du pauvre Sancho, dans la nuit noire de ma chambre comme dans un garage sombre, dans le creux d’un lit chaud et non sous la menace d’un char, cependant, à désirer finalement que se réalise le symbole inutile, l’absurde gratuité d’une pièce de théâtre alors que j’avais commencé par trouver ça un peu niais, puis à contempler le massacre de la vraie tragédie humaine sans pouvoir en fermer les yeux. Il m’a fallu un an pour revenir de ce lit et oser dire l’admiration que j’ai ressenti pour ce récit.