Déflorage de livre

Aujourd’hui la bibliothèque a remis entre mes mains la lourde tâche de déflorer un livre. Ou 223 vieilles filles qui attendaient depuis 1958 qu’on daigne les déchirer.

J’en suis ému, comme si un ami me confiait son aînée :

Puisqu’il faudra bien qu’un jour les hommes l’embrassent
Autant que ce soit toi le premier qui le fasse

Ou :

— Puisqu’il faut bien qu’en leurs mains les hommes la tiennent
Autant que ce soit toi, mon ami, qui l’étrenne

— Je ne compte pas la porter, sinon la prendre
La faire femme quand elle ne me rendrait qu’heureux
Le compte est inégal – je serai généreux
Et promets qu’après coup je saurai te la rendre

Une_echarde_dans_la_chaire

(Mes excuses à Jacques Maritain d’avoir, dans ce billet, poignardé son livre – à l’intérêt néanmoins discutable – avec la lame de mes hormones.)