Deux fois la sirène du départ

Lors de quelque pérégrination livresque, j’avais trouvé ce haïku :

Marée de printemps –
dans tous mon corps
la sirène du bateau

que Corinne Atlan et Zéno Bianu attribuent à Yamaguchi Seishi dans leur Anthologie du poème court japonais1. J’aimais beaucoup l’image de ce corps vibrant à l’unisson du bateau, entrant en résonance avec la sirène, déjà entrainé par le départ, devenu une composante du voyage, sinon voyage lui-même disparu dans un son et dilué dans ce monde alentour que l’œil rend présent sans pouvoir l’atteindre pour autant.

Et voilà que je lis celui-ci sur un site Internet :

Marée printanière
Mon corps entier transpercé
Par la sirène du bateau

Mais le site attribue ce texte — sensiblement le même n’est-ce pas ? — à Hara Sekitei (1889-1951). Est-ce une erreur du site ? Une co-création fantastique ?

Face à tant de questions sans réponses, rajoutons-en une : où va le bateau ?

En-tête : “Far Away” de halfrain.

  1. Paris, Gallimard, coll. Poésie, 2003, p. 38 []
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