Du scepticisme répugnant

83. On n’invente rien. Il faut d’abord sacrifier aux joies du parricide et de la démolition, puis construire le nouvel édifice avec des briques déjà usées. Mais si quiconque oublie son marteau nietzschéen ne produira rien de bon. Le stakhanoviste de la destruction finit en bête brute et brise machinalement tout ce qui passe à portée de sa rage. Il n’est de bon scepticisme que celui qui répugne à sa tâche, s’abhorre lui-même et ne frappe qu’à regret, poursuivant désespérément une carrière de bâtisseur, fusse de châteaux de sable.