(Ne pas) entrer dans le cirque du savoir

37. Ma façon d’honorer la pensée était de ne pas entrer dans le cirque du savoir avant d’être en mesure d’écraser l’erreur définitivement. Ne pas produire des brouillons, ne pas connaître l’ascension jusqu’à la maturité mais me poser une fois pour toute dans une acmé bien calée dans la perfection. Si tous les savants (malgré leur bonne foi et leur érudition) ne sont jamais que des Erostrate, je choisissais le parti d’Aristodème : les dieux n’ayant pas besoin de nos louanges, le plus beau culte est silencieux.

Mais cette position est intenable, je me battrai aussi pour avoir le droit de publier des souillures de la vérité, pour échanger la gloire contre la connaissance, la suffisance joyeuse contre l’humilité stérile. Hélène mérite plus qu’un culte ; on la trahira pour obtenir la permission d’un sermon prétentieux, car on ne peut l’aimer toujours sans les auspices d’Aphrodite.

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