Etre complètement Charlie

Que tous ceux qui se découvrent tout d’un coup défenseurs de la liberté d’expression sous le coup de l’émotion, se rassurent : il reste encore plein de gens à défendre contre la censure et de discours à tolérer dans nos démocraties libérales !

Des causes ? Le droit d’être… con, sexiste, islamiste, raciste, très con, incrédule face au réchauffisme de nature anthropique, pro-palestinien, blasphémateur, homophobe, négationniste, d’extrême-gauche, provocateur, d’extrême-droite, défenseur du colonialisme, (ultra)libéral, de mauvaise foi, désireux de montrer son cul aux bienpensants, antisémite, monarchiste, pro-colonie juive de Palestine, de se tromper rationnellement sans être taxé de fou (à la soviétique) ou de haineux (forme postfoucaldienne du même procédé de disqualification grotesque), indifférent aux malheurs du monde, moqueur y compris avec le handicap, suprématiste blanc/noir/jaune/rouge, irrespectueux, soucieux de vérifier les sources qu’on nous propose1 fâché avec la Licra, très très con, lecteur de Philippe Muray, pornographe, dur avec des victimes quelles qu’elles soient (simplement parce que le statut de victime de donne aucun droit compensatoire), assis à un spectacle de Dieudonné, drogué, islamophobe, électeur de Mélenchon ou Le Pen, etc.
Réfléchissez-y et sans doute vomirez-vous les lois mémorielles, les inquisiteurs bienpensants de tous bords, les lois appelant à la censure ou à la dissolution de groupes politiques ou associatifs au nom de la République, les stakhanovistes du collage de procès parce qu’ils sont choqués, outrés, bouh !…

On est toujours le taré de quelqu’un et la liberté d’expression ne se défend pas à la carte. Il n’y a de grandeur à défendre les libertés que lorsqu’on défend aussi celles de ceux qui nous font vomir, nous mettent en colère et que ne haïssons même parfois.

On ne peut pas être Charlie à moitié ou même aux trois quarts.

(Merci à Causeur.fr2 et Egalité et Réconciliation de toujours rester fidèle à leur ligne !)

Photo : “Chefs religieux Canal de l’Ourcq, Paris – Pantin – INRI – Yallah – Mazel tov !” de Jeanne Menj.

Notes

  1. Les citations servant aux lecteurs, justement, de leur permettre ce travail critique.
  2. Même si Elisabeth Levy est très chatouilleuse dès qu’il s’agit de critiquer un rien Israël, sujet qui la fait monter sur ses grands chevaux de mauvaise foi et de חֻצְפָּה.
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