Goulag occidental…

pour-jfrLes plus hostiles [au libéralisme] se recrutent en priorité parmi les intellectuels ayant été formés aux sciences humaines les moins  exigeantes, les plus éloignées des méthodologies scientifiques de validation où l’interprétation idéologique ne doit pas avoir sa place. […] [L]es adversaires [du libéralisme], exploitant à bon compte le marché captif du mécontentement, privilégient les thèses du complot permanent des puissances de l’argent étouffant toute velléité de liberté et d’émancipation. D’où l’enfer carcéral dans lequel le capitalisme maintient les êtres humains, victimes d’un véritable totalitarisme, pour le coup. […] Il y a chez les intellectuels occidentaux une propension langagière à projeter sur nos sociétés libérales, loin d’êtres exemptes de très graves défauts, il va de soi, les horreurs patentes des totalitarismes. Dans Le Regain démocratique, Jean-François Revel se souvient d’avoir participé, en 1977, à un entretien sur les hôpitaux psychiatriques « spéciaux » de l’URSS qui réunissait, notamment, Michel Foucault, Raymond Aron, Eugène Ionesco et Vladimir Boukovski : « A un moment de la conversation, Michel Foucault, sans doute excédé par les analyses répétées du système concentrationnaire soviétique, de “l’enfermement” dans la société communiste (la seule caractérisée de haut en bas et de long en large par “l’enfermement” foucaltien), se mit à exploser en vociférant qu’il nous fallait aussi organiser la lutte contre le “goulag occidental”. C’était d’un goût parfait en présence du participant qui sortait tout juste du vrai goulag, Boukovski, lequel fut saisi d’une crise de fou rire. » (Pierre Boncenne, Pour Jean-François Revel, p. 220-221)

Les pages qui suivent sont aussi intéressantes, mais enfin, on ne peut pas tout citer. Le mieux est encore d’inciter le lecteur à lire Jean-François Revel, à le comprendre et à reprendre son œuvre, ce qui est le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre !

Et se moquer, encore se moquer des clowns qui ne savent pas remettre les choses à leur vraie mesure…

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