L’I fait

Si le rock fait l’R, que fait l’I ?

I. L’I fait papillon

Elle ; électrocution immédiate ; attends un peu ; peut-on dire alors après-demain ? ; maintenant souriants et mains tenues ; nus cœurs battants quand ils (voyeurs !) ; heur amoureux dans une vie à deux ; demi-oranges, salades de fruits, familles et déjà rondeurs ; de rototos en couches pleines jusqu’à ses premiers pas ; « papa, voici mes diplômes, mes propres ailes et ma chérie » ; rit bien qui te voit père et perdu à ton tour ! ; ouragan que cette vie avec cette arrière-grand-mère tant aimée qui marchait simplement…

II. L’I fait secondaire

Elle marchait dans la rue un jour de grisaille et de grève. Je ne l’ai jamais arrêtée, parce qu’elle zombifiait son smartphone, et on m’avait dit ça ne se fait pas, que ce n’est pas encadré, qu’y faut des endroits prévus où des chenilles à la chaine sur des sites te mettent dans un panier. Remplir une fiche. Passer à la caisse et fish and chope, passer à la casserole ; ne pas attacher ! Mais à part ça, leur ficher la paix. Filer droit avec les filles. Te casser tes couilles ou sinon fiché facho, donc fauché et fichu. Fais chier, le RER est bondé et pue !

On s’est revus un jour sans se reconnaître.

J’étais avec une nana quelconque choisie par lassitude et les années passant, avec qui j’allais me séparer pour acheter un.e robot.e qui ne vieillit pas et n’a jamais ses règles.1 Elle fréquentait un jeune Africain affamé et en quête de papiers, ayant fuit son pays détruit par les bombes provenues de l’usine dont elle gérait l’approvisionnement, en Chine. Qui arrivent à la nage – la mer sélectionne les meilleurs – et qu’on n’a plus besoin d’aller visiter au Cameroun, au risque d’une bonne tourista. Qui se livrent d’eux-mêmes et sans vélo à garer, à toute heure de la nuit ; ont pas le choix, armée de réserve du capitalisme fragilisant les travailleurs ici, concurrencés par l’inhumain.e eux aussi. Je tenais grâce aux antidépresseurs, du jeu de cirque et un peu de porno.

Elle tenait dans ses mains son fils sans père, qu’elle a fini par se péèmaniser, et un panier avec un petit-chaton-tout-mignon-tout-con qu’elle emmenait chez ses copines lesbiennes végétaliennes, une profe de yogi quantique qui a pour clientèle des névrosées en quête de nouveautés spirituelles à la carte, l’autre, une profe de psycho jungo-déstrucuré.e, et les seins tatoués à l’encre bio, qu’elle arborait sans que ça n’intéresse personne. Le chat : juste quelques jours, le temps d’aller à l’enterrement de sa grand-mère laissée dans un dépotoir à vieux, en province. Le petit verrait des vaches, elle lui apprendrait ce qu’est le lait.

On s’est mutuellement pris en pitié, jusqu’à qu’un clodo se colle entre nous à Châtelet.

(Ce caca post-sartrien, financé par le spectre fouettant de Bière Gerpé, où surnage les meilleurs morceaux du vomi de De Vigan quand elle encule le cadavre vivant de Houellebecq – à froid – vous est offert par l’Education Nationale, le Ministère de la Culture et toute la tourbe étatique qui veut vous faire croire que c’est le progrès ; je passe me faire mépriser par Angot le 4 décembre à ONPC et je fais une bataille de bombes à pisse dans TPMP deux jours plus tard)

  1. Quoique c’est con, une vieille c’est au moins ça de réglé. Enfin, on a moins envie de la toucher, aussi… []