Intenable porosité de mes pensées

L’intenable porosité de mes pensées fait qu’elles s’accrochent aux arbres, s’évaporent dans les rues, s’épuisent au passage d’un carrefour ; ces fragiles idées s’enfoncent si loin dans le ciel que j’en perds le fil, la trace, la raison ; meurent avec le détournement causé par le passage d’une belle femme, au cri d’un enfant ; hantent muettement le monde, s’y oublient trop souvent, n’arrivent pas à me retrouver.

[Initialement dans L’incitation à écrire, #V]