Kinderzimmer – Valentine Goby

kinderzimmerLorsque vous n’avez pas de talent, écrivez des textes sur des sujets graves. De guerre de préférence, ou avec de la violence, des morts, de la tragédie. Et historiques par dessus le marché. Vous n’aurez pas plus de talent, mais les gens ‘biens’ n’oseront pas le dire. Ceux qui se sont déjà adonnés aux mêmes subterfuges, vous applaudiront comme pour se féliciter eux-mêmes une nouvelle fois (et puis chut !, entre fraudeurs on garde le secret de polichinelle). Les (héritiers des) victimes seront heureuses(x) : on parle d’elles. Les lecteurs seront touchés : vous leur donnez l’occasion de prouver qu’ils ont du cœur ; les lecteurs, ce sont les mêmes qui n’y connaissent rien en climatologie mais qui veulent croire au réchauffement climatique de nature anthropique parce que celui-ci leur donne l’occasion de « sauver la Terre ». Les libraires vous donneront même des prix pour couronner le tout, ces mêmes libraires qui pleurnichent parce que malgré la loi Lang qui devait les avantager contre les ‘gros’, vous allez acheter sur Amazon.
Donc votre écrit n’a aucun intérêt. Peut-être même que tout le monde le voit bien, après tout. Mais jouer les idiots permet souvent de se sortir de situations embarrassantes, et puis cela fait l’affaire de tous. Et vous-même vous oublierez la farce derrière tout ça.

Les bougons qui trouveront votre (absence de) style et l’indigence de ce que vous racontez insupportables, ne seront pas si nombreux que ça. Vous êtes tranquilles.

Bravo, Valentine, tu as enfin appris à écrire (pour la société qui te lit).

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Petite mise à jour et mise au point en même temps :
Certaines critiques que je peux lire laissent ouverte la possibilité de penser que, finalement, c’est le lecteur, et plus souvent la lectrice un peu trop sensible, qui n’a pas été à la hauteur du texte de Valentine Goby, cru et sans fard. Or, je ne pense pas qu’il soit insoutenable : il est juste mauvais. Avant celui-ci j’ai lu, entre autres, Les Bienveillantes de J. Littell, les enculades à froid, l’inceste, le parricide, les poux, la crasse, les cadavres qui s’entassent, les soldats qui vomissent, ad libitum. Certaines choses m’ont déplu lors de la lecture mais je me suis accroché et je crois avoir compris, a posteriori, pourquoi Littell a mené son récit de cette façon, tant quantitativement que qualitativement. L’horreur et la froideur peuvent être justifiés en littérature. Ici, la scribouillarde, incapable d’écrire des émotions, se vautre dans le « pornographique » de la violence et nous balance une histoire de rejeton d’utérus comme on sortirait un chaton et des violons pour faire pleurer dans les chaumières. Grosses ficelles. Et qu’apporte Goby à un sujet déjà abondamment traité ? Rien. Que lui apporte le fait de (mal) écrire sur ce sujet : des prix et la reconnaissance.

Je soupçonne même une espèce de féminisme mal compris de survaloriser un texte qui montrerait en acte que les femmes, comme les hommes, peuvent parler crument et sans sensiblerie. D’autres n’ont pas besoin de ce genre de « preuve » et savent les femmes capables du meilleur comme du pire1, il n’y avait aucune nécessité de rajouter ceci au tas des mauvais écrits. Que les lecteurs soient rassurés : ce ne sont pas eux qui sont incapables de lire Kinderzimmer, si le livre leur tombe des mains, c’est l’auteure qui n’a été fichue d’écrire un bon texte (et nos contemporains qui sont parfois de gros gogos).

Photo d’entête : “caca” par Paula.

  1. Même si… []
(PdB) Écrit par :