La vertu des femmes est dans leur chemise

Chemin faisant, [Voltaire] raisonna sur le sentiment de la pudeur qui empêche de laisser voir les parties que dès l’enfance on nous a appris à tenir couvertes. Il dit que souvent cette pudeur pouvait dériver d’une vertu ; mais que cette vertu était encore plus faible que la force de l’éducation, puisqu’elle ne pouvait pas résister à l’attaque quand l’agresseur savait s’y prendre. Le plus facile de tous les moyens selon lui était celui de ne pas la supposer, de montrer de n’en faire aucun cas, et de la mettre en ridicule, il fallait la brusquer par l’exemple, sautant les barrières de la honte, et la victoire était sûre ; l’effronterie de l’attaquant faisait disparaître dans un instant la pudeur de l’attaqué.

Clément d’Alexandrie, me dit-il, savant et philo­sophe, dit que la pudeur qui paraît avoir une si forte racine dans l’esprit des femmes, ne se trouvait cepen­dant que dans leur chemise, car d’abord qu’on parve­nait à la leur faire ôter on n’en voyait plus pas même l’ombre.

Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie (extraits), Gallimard, Folio, 1986, p. 253

Cela dit, ça ne fonctionne que si la chemise est enlevée avec consentement, hein, Messieurs ?

Photo d’entête : “Um sorriso de « o que está fazendo »?” par Aldo Lammel

(PdB) Écrit par :