Comment faire pour mettre en déroute la fonction de l’auteur

siparunenuiteteComment faire pour mettre en déroute, non pas les auteurs, mais la fonction de l’auteur, l’idée que derrière chaque livre il y a quelqu’un qui garantit la vérité de ce monde de fantasmes et fictions, par le seul fait qu’il y ait investi sa vérité propre, qu’il s’est lui-même identifié avec cette construction de mots ? […] Si cette idée réussissait à s’imposer, si une incertitude systématique sur l’identité de qui écrit empêchait le lecteur de s’abandonner avec confiance – confiance non tant de ce qui est raconté que dans la voix silencieuse qui raconte -, peut-être n’y aurait-il rien de changé, en apparence, dans l’édifice de la lecture… Mais en dessous, dans les fondements, là où le rapport s’établit entre lecteur et texte, quelque chose aurait changé pour toujours.
Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver, un voyageur…, Seuil, coll. Points, 1995, p. 179

Bande originale de la bulle : Ben Howard, “Black Flies”

Oui, c’est une chanson d’hiver et c’est pour cela que je l’aime !

Photo d’entête : « Le Jour ni l’Heure 9735 : peintures murales, XIXe s., dét., palimpseste, église de Saint-Léonard-des-Bois, Sarthe, Pays de la Loire, vendredi 22 août 2014, 13:54:03 » par Renaud Camus

(PdB) Écrit par :