Étiquette : Amérique du Sud

18 novembre 2012 / Canciones en español

On n’est pas loin ici du “placer cuplable”, mais j’avoue beaucoup aimer ce chanteur découvert au Chili, et qui y est un peu le Patrick Bruel local. Mais en plus politisé de sorte que c’est aussi un peu le nouveau Víctor Jara.

14 novembre 2012 / Carnets de voyage

Il faut que je  décrive un peu la Plaza de Armas car c’est, je trouve, un miracle de nos démocraties libérales. Plantons le décor : une belle place qui ressemble aux espagnoles, avec beaucoup de bancs au centre qui assurent un côté très convivial à l’ensemble. Sous un kiosque du…

13 novembre 2012 / Carnets de voyage

Comme j’avais promis le troisième épisode pour décembre, et comme je tiens ma parole, surtout pour les petites choses comme ça qui n’ont aucune importance, le voici.

Il s’agit de petites notes inutiles, des inotiles pour jouer aux mots-valises à la Laurent Fabius, prises sur le vif et qui n’ont aucune cohérence entre elles…

§1 – L’enfer (économique) c’est les hommes

Il faut, au Chili, toujours passer par des êtres humains. Au supermarché il faut faire peser ses fruits et légumes, mais aussi son pain, souvent : deux employés à des tâches intellectuellement nulles et répétitives.
— Oui, mais l’hu-main !
— « Bonjour, merci, au revoir » : quelle humanité passionnante !
A la caisse du même supermarché, des étudiants se font quelques pesos en empaquetant vos courses : ne seraient-ils pas plus utiles à lire des livres, faire des expérimentations, avancer dans leur savoir que de perdre du temps avec un travail globalement inutile et faisable par un enfant de 8 ans ? Les parcmètres, y compris (ou surtout) à Providencia – une des trois communes chics de la ville – sont des cerveaux sous exploités et des corps qui attendent pendant des heures les deux tâches qu’ils ont à réaliser : établir une fiche d’arrivée et vous faire payer à votre départ. Cela fait donc un travailleur par rue – voire par tronçon de trottoir – pour se garer et qui sont inoccupés pendant un long moment. Vous me direz :

  1. Ils gardent les voitures pendant ce temps-là, ce qui fait toujours une tâche qu’un horodateur ne sait pas faire ;
  2. Cela économise le coût d’agents des contrôles, sauf que deux agents sont suffisants alors que là il s’agit d’un homme par rue !
  3. Cette version institutionnelle est quand même mieux que la version mafieuse, dans les quartiers moins riches, avec ces types qui font semblant de vous trouver une place que vous auriez vue par vous-même, de vous garder votre voiture pendant qu’ils boivent leurs mauvaises bières et à qui vous donnez quand même des pièces de peur qu’ils vous rayent la voiture…

Il y aussi les concierges… Ah les concierges ! Ils sont en bas de chaque immeuble à Providencia. La nuit, lorsqu’il m’arrive de faire semblant d’être sportif et d’aller courir, je me demande s’ils forment un grand réseau d’êtres vivants qui surveillent le quartier en communiquant par CB comme les camionneurs. Chez moi, ils ouvrent la porte d’entrée de l’immeuble, vous donnent les clefs de la laverie, du gymnase, ouvrent la porte du parking, vous donnent le courrier, vous appellent lorsque des invités arrivent après avoir consigné leur identité dans un registre. Même si je sais bien qu’ils se contrefichent de ma petite vie sans intérêt, je les vois comme des petits yeux de Moscou… Ce qui me fait penser que je n’aurais pas pu vivre, riche, au temps des domestiques…

2012-10-28 20.23.54

6 novembre 2012 / Chansons francophones

C’est un soir d’été pour moi, extrait de l’hiver dans mon monde de référence. J’écris sur le balcon pendant que Pame écoute de la musique dans sa chambre. En français. Je reconnais Brassens et du violoncelle. Ça a l’air beau, je tends l’oreille, je finis par lui demander de mettre…

22 septembre 2012 / Carnets de voyage

« Voilà, j’y suis… »

2012-09-17 21.11.17Sauf caprice de dernière minute, ce devrait être le tout début d’un incipit. Ce sera en tout cas ceux de ma vie chilienne puisque ces quelques mots qui me vinrent à l’esprit en descendant du bus qui m’amenait de l’aéroport Arturo Benitez à la station de métro Los Héroes, à Santiago de Chile. Une épreuve physique m’y attendait : transporter jusqu’à l’hôtel les 53 kilos emportés dans l’avion ; mais qu’importait, j’étais tout à mon plaisir de poser les pieds dans la capitale chilienne !

Il m’avait fallu avant cela supporter pendant 11 heures un emmerdeur à usage unique brésilien, aussi gras que malpoli, qui répandait ses bourrelets sur mon fauteuil et avec qui je me bagarrai silencieusement l’accoudoir commun, comme ça, parce que les gens sont cons et qu’il faut bien s’occuper. Je rêvai déjà de transformer le malotru en savon sans passer par une clinique chirurgicale, lorsqu’il eut la bonne idée d’enjamber mon siège alors que je réussissai enfin à m’endormir. Résultat : je me retrouvai à regarder un deuxième film américain débile, mais en espagnol avec sous-titres en portugais, dont, par un réflexe incorrigible, je lus l’intégralité alors que je comprenais sans problème le son et peu ce qui était écrit…
2012-09-18 12.02.10

A l’aéroport de Rio de Janeiro on me pria de suivre un chemin pour la connexion sans aller aux bagages, alors qu’à Paris la charmante Tania m’avait expliqué qu’en raison de la Coupe du Monde de football à venir au Brésil, les autorités avaient changé les procédures, de sorte que je devais réembarquer mes affaires. Ayant obtenu trois réponses similaires auprès de trois personnes différentes, je n’eus d’autres choix que de faire confiance aux autochtones qui me dirent l’inverse, tout en gardant une pointe de doute quand même… la parole d’une Française vaut-elle celle de trois Brésiliens… ? C’est au moment où je commençai à m’essayer à des exercices bouddhistes devant m’aider à relativiser la probable perte de ces valises qui me permettraient de réaliser ces petites choses comme m’habiller, lire et me laver, que je fis la connaissance de J*, compagnonne d’attente, de retour au pays après une expérience de deux ans mi-figue mi-raisin à Paris, notre vol pour Sao Paulo ayant été annulé à la faveur d’un autre plus tardif. C’est donc grâce à ses sourires éblouissants et ses yeux noirs couleur de péché que j’oubliai mes bagages comme un enfant laisse son jouet pour un autre, et compris par quelle magie Adam osa défier l’interdit de Dieu lui-même, avec cette légèreté coupable qui nous oblige désormais à nous laver le nombril. Malgré une très agréable discussion dans l’avion, arrosée au guaraná et éclairée par une vue splendide de Rio au petit matin, les autorités brésiliennes nous séparèrent à l’aéroport de Sao Paulo.