Étiquette : danse

10 mars 2016

Danse, c’est bientôt le printemps !

13 novembre 2015

Cher J*, mon ami, un peu de moi,

Tu te souviens de C* avec qui je passai ma dernière nuit au Chili. Nous avions dansé jusque vers quatre heures du matin et lorsque était venue l’heure pour les tenanciers de mettre tout le monde dehors, le DJ avait lancé des slows pendant que les lumières se rallumaient dans la salle. En l’espace de trente secondes tous les couples s’étaient vautrés l’un sur l’autre comme des cocottes minute qui venaient de passer des heures à mijoter dans la frustration et ils se bécotaient autour de nous deux, qui avions passés déjà plusieurs nuits à rentrer ensemble en taxi mais chacun chez soi, sans aucune ambiguïté d’aucun côté. Je rêvais moi aussi, alors, de prendre dans mes bras cette petite chilienne aventurière que  je risquais de ne jamais revoir, mais le faire dans ces conditions-là, eût été indigne de l’envie que j’avais d’elle. Je ne nous voyais pas participer à ces embrassades en batterie, comme des poules reproductrices sur la piste. Alors une fois de plus, nous sommes rentrés sans nous toucher, nous nous sommes tout avoué après coup et l’avion me ramena vers l’Europe un peu plus tard dans la journée avec un soupir coincé au fond de la gorge.

Deux ans après, elle m’attend à nouveau presque au pied d’une autre piste, dans la même danse, un tarmac d’où nous devons redécoller un jour après pour passer un bout de Patagonie ensemble, comme toi tu partis avec Gladys – la femme de ta vie, si tu ne l’avais pas reconnu trop tard – un peu plus haut que nous et à cheval sur les deux pays du Cône Sud, il y a 42 ans, mon ami.

Tu ne l’as pas touchée, cette femme, et l’absence de sa peau te pèse encore. Notre baiser, lui, est en suspens depuis deux ans, il nous suffit de le reprendre aux deux points où nous l’avons laissé et de faire descendre le troisième pour le poser sur ses lèvres, car nous sommes vivants.

8 février 2004

137. Quand tu es arrivé à une impasse, quand le sable se perd sous un océan rêche et bouillant où tu ne pourras le suivre, quand ton souffle s’en revient fissuré, ébréché de s’être percuté à l’immensité, quand tu es ivre de haine, quand tu baves d’impuissance et de petitesse,…