Étiquette : Dominique A

20 septembre 2015

Un samedi de septembre de 2015, après avoir échappé à l’orage, ramener dans sa besace de la médiathèque (par non-ordre de la pile) : Tété, Syrano, Anaïs, Anne Sylvestre, Stephan Eicher, Amélie-les-crayons, et puis, il est vrai, plus aguiché par les soyeuses volutes de la chevelure de la belle Elsa Lunghini que par l’envie de découvrir ses talents de chanteuse, cet album éponyme sorti en 2008 et écrit en grande partie par Emmanuel Da Silva, où se trouve cette chanson aux paroles signées Dominique A :

Et puis deux albums un peu au pif, pour les quotas de hasard et les futures trouvailles, peut-être, choisis à moitié pour la pochette à moitié parce qu’ils étaient sur le présentoir et qu’il faut bien imaginer que les bibliothécaires ne servent pas qu’à ranger les rayonnages et à moitié encore par caprice.

12 septembre 2015

D*sth*zon avec un “st” muet comme s’omet le “t” de Metz, ou comme s’émousse le “x” de Bruxelles, qui n’a pas voulu être lui-même : un croisement ; qui s’essouffle à n’être qu’un sifflement ; qui n’a pas voulu se trouver une étymologie nouvelle, sortie du marais et aussi hétéroclite que sa population, entre le pont dit par un Allemand („Brücke”) et qui relierait en même temps (Paris et Amsterdam) et (London et Wien) et qu’on rirait de joie à y entrer en collision, à en perdre sa trajectoire, à finir à deux à (Oslo ou Alger) ou (Montréal ou Москва), et qui sait, puisque la ligne droite est la distance la plus fausse entre deux ponts et qu’un maudit Français fou et arrogant y aurait rajouté des ailes, sauter à l’élastique pour terminer à Buenos Aires ou اصفهان sans comprendre comment on en est arrivé là ! Brückes-ailes avec des lettres muettes donc…

I – Dominique A., “L’Horizon” (2006)

Ce bon vieux Dominique A. qui avait prévenu en image de ce que les paroles de sa chanson ne pouvaient révéler. Tu croyais qu’on s’accouplait avec l’horizon lorsque la musique jette un voile pudique sur la profondeur de cette rencontre, lorsque la femme au harpon est capitaine elle-même, et que les rôles s’inversent comme dans tout bon duo bien rodé au gré des vents du jour. Pourtant il y avait bien ces 24 secondes d’introduction en rétrotemps, évidentes, au tout début, comme le préambule de Quatrième mur, tu aurais pu savoir si…

21 février 2015

C’est une brasserie crasseuse de la gare Lyon-Perrache. Attente imprévue de deux heures. Une vieille ivrogne surmaquillée est à sa table, parlant peu, comme absente, tenant un verre de rosé et attendant un homme qui devrait être là, mais absent lui aussi quoiqu’on sache qu’il doit aller à la messe à 16h. Comme il ne vient pas, elle finit par partir. Lui, arrive quelques minutes plus tard. Il se met à la table d’à côté, et se pose, comme elle juste avant, devant son verre de vin rouge, partageant apparemment la même attente qu’elle.

Pendant que je regarde ce rendez-vous galant raté, une jeune fille remplit ses mots-croisés. Elle est petite et plutôt jolie, avec ses cheveux frisés bruns et son air décidé. Sans doute que le serveur, un Lyonnais à l’accent d’Oran ou d’Alger, s’amuse à nous voir ne pas oser nous parler. Elle s’est assise dans le coin, en face de moi, alors que j’étais en train de boire un café. Nous échangeons quelques regards, de temps en temps, pour voir si l’autre le fait aussi, mais il n’y aura pas eu plus lorsque je quitte l’endroit. Sans doute que pour la génération d’au-dessus, ça se passera mieux : la vieille femme reviendra, se posera devant un nouveau verre et elle boira en compagnie de l’homme au vin rouge. Ils se parleront, quand bien même leur conversation promet d’être des plus simplettes. Ou peut-être qu’ils ne diront rien, heureux d’être là ensemble ou côte à côte, pour le fait.

3 mai 2014

Tu te souviens ?, nous nous étions aperçus que nous aimions tous les deux Dominique A., et tu m’avais donné un rendez-vous aveugle pendant le concert.

J’ai ainsi commencé le concert tout devant, au centre, à moins de trois mètres du chanteur venu interpréter les chansons de son premier album, seul sur scène, mais dans des versions largement dépoussiérées. 20 ans déjà…

Puis je me suis déporté vers la droite de la scène pour prendre du recul, attendant ton premier texto comme nous l’avions convenu. Je me suis ensuite baladé doucement d’un endroit à l’autre dans la salle, passant près de toi pendant quelques morceaux, t’ayant reconnue dans la foule, accrochée à ton téléphone, proche de toi, tout proche à en humer l’odeur du parfum de tes cheveux, refréner une grande envie de baiser ton cou comme un vampire amical qui voudrait goûter le salé de ta peau.

8 février 2014

Avoir ses moments de misanthropie est toujours un signe de bonne santé mentale. Et la preuve qu’on a encore une certaine idée de l’homme à l’aune de laquelle nous détestons comment certains vivent…