Étiquette : Noir désir

15 juillet 2014

Je crois que je n’ai jamais vu un clip aussi beau, où on voit l’absence.

2 mai 2014

Et si un Malin Génie pervers te demandait de ne choisir qu’une seule chanson de Noir désir et te condamnait à oublier toutes les autres pour ne garder que celle-là, laquelle choisirais-tu ? Serait-ce “Le fleuve” et son rythme noir pointée – croche que tu aimes tant ? “One trip…

31 janvier 2010

Qui ne se souvient avoir dansé sur les quatre notes si caractéristiques de L’homme pressé en soirée ? 1996. 666.667 Club, le 5ème album de Noir désir était sorti et la voix de Bertrand Cantat, sombre héros à l’âme errante, étendard vocal du groupe, raisonnait encore régulièrement, rageuse, puissante, si pleine de force et d’exaltation. La locomotive du rock francophone alors en pleine gloire militait artistiquement contre le fascisme et le « peuple fascisant, autour de 15% », le monde de l’argent, les grandes corporations prédatrices, bref tout le kit habituel de la contestation, lorsqu’il n’atteignait pas les sommets avec quelques chansons moins engagées comme « Ernestine » ou « A ton étoile », sur fond de guitares saturées et quelques solos incandescents d’Akosh Szelevényi qui nous réchauffent encore les oreilles. Cible privilégiée des bordelais révoltés : Jean-Marie Messier, le flambeur de la nouvelle net économie alors à la tête de la très ambitieuse Vivendi-Universal, la success story française ultra-communicante, poussant le détail jusqu’à afficher une chaussette trouée dans les magazines pour faire homme du commun des mortels, son petit faciès jovial de bon gros pote qu’on aimait bien taquiner à la cour de récré entre deux pelotages de boutons de filles et qui vous rappelle des années plus tard avec l’assurance revancharde du gars irrésistible que confère magiquement tout portefeuille débordant d’aisance et devant qui n’importe quelle bombasse superficielle est prête à sacrifier un peu des grâces de sa jeunesse. Ou comme dit la chanson sans le citer, l’homme pressé, l’homme médiatique, la « comète humaine universelle » dont les conneries proférées sont le destin du monde bien qu’il ne le connaisse pas et le dirige de haut, de loin, visant « profits immédiats » et « faveurs des médias », etc. plus trois refrains très répétitifs qui ne resteront pas dans les anthologies de la langue française mais deviennent, de fait, d’une facilité de mémorisation indéniable ou l’assurance pour tout DJ qui veut réveiller un peu sa troupe de teufeurs que ça va chanter sur le dancefloor. Après la chanson, le groupe poussa la provocation à son paroxysme lorsque, en direct aux Victoires de la musique en mars 2002, Cantat lira une lettre à son distributeur et producteur se terminant dans les termes suivants : « nous ne sommes pas dupes de ton manège, et si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n’est décidément pas du même monde », sous l’œil visiblement réjoui d’un Jean-Luc Delarue dont on ne sait pas s’il a totalement réalisé que c’était vrai ou s’est cru sous l’emprise de quelques poudres blanches de sa mère …