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19 octobre 2013 / Canciones en español

« Que qui que ce soit veuille le moindre mal à Michel nous apparaitrait comme une injustice, une incompréhension de ce que devrait être les lois de l’univers. » C’est avec cette dernière phrase, sans doute la moins non-écrite de tout ce que je viens de m’infliger, que je décide mettre fin à ce foutage de gueule. D’autres iront plus loin que la page 115.

ce-qu-aimer-veut-dire-de-mathieu-lindon« Mais non, ça se fait pas, ça décolle peut-être juste après ! », me direz-vous. 115 pages c’est quand même long pour une entrée en matière et comme blague, n’en parlons pas… Je n’en avais rien à fiche les 70 premières pages, j’ai commencé à me trouver idiot de continuer ensuite, pourquoi consacrer plus de temps à ce qui devient du masochisme ? Et puis je suis déjà comblé, c’en est trop : j’ai appris que ces gens fabuleux jouent au mikado, prennent du LSD, tombent amoureux du premier inconnu qui termine la nuit dans leur lit, et mangent les gâteaux allégés des autres. Si Saint Augustin lisait ça, la vache de leçon qu’il prendrait ! Donc, oubliez le name dropping, oubliez que Mathieu est le fils de Jérôme, que vous avez probablement lu Hervé et Gérard un jour et que Michel est LE Michel Foucault du Collège de France devant qui tout le monde se prosterne, et ce récit, qui est ce que la caméra de surveillance est au cinéma, n’a strictement aucun intérêt. Ce n’est donc pas simplement une arnaque pitoyable qui est entre mes mains, c’est un nouvel exemplaire de « Ce que le mépris veut dire », œuvre collective dans laquelle les éditeurs rivalisent, soucieux de nous abreuver des témoignages navrants de tous ces gens géniaux qui ont la même vie que vous, mais à la différence qu’ils la passent au Quartier Latin. Et ça change tout. Prenez des médiocres et élevez-les aux rangs d’icônes parce qu’ils ont su s’épancher dans les bons bureaux, lancez sur le marché quelques « fils de » parasitant avec fatuité l’aura de leur(s) illustre(s) parent(s), et les petites gens vont se régaler de nos déchets consignés dans du papier-poubelle. Ces cons regardent la télé-réalité et lisent Christine Angot, de toute façon, on ne va pas leur filer des perles ! On dirait même que ça gagnerait des prix et ils avaliseront, ces andouilles de lecteurs.

25 septembre 2013 / Critiques
17 octobre 2012 / Critiques

La philosophie dans le boudoir a ce petit privilège d’être le seul livre de ma bibliothèque que j’ai surligné au fluo et annoté… afin de retrouver les passages importants (les réflexions pseudo-philosophiques, notamment) et ne jamais, mais jamais !, avoir à le relire, sachant que toute la génération des philosophes des années 70 le citait abondamment et que je ne pouvais m’y soustraire complètement. Mais ça m’a passé toute envie de lire le reste du divagant marquis…

Les parties de soi-disant réflexions n’y sont que des enchainements de sophismes lourdingues. La justification de la sodomie par exemple, qui est défendue une fois au nom de sa naturalité (si nous avons ces penchants en nous, n’est-ce pas que la nature a voulu ceci ?) et une autre pour son caractère artificiel (n’est-ce pas une façon de nous révéler plus ingénieux que la nature, maîtres d’elle, que de la détourner ?). Et ça cause, ça glose, c’est verbeux, c’est creux, pompeux et peu pompé au final, on s’ennuie et puis, enfin !, ça pratique un peu.

1 mai 2011 / Critiques

Ce qui ressort le plus de ce livre à charge mais sans passion, est que le Che était un de ces individus sans but, dilettante et en mal d’héroïsme, à qui le marxisme et la guerre pouvaient donner un sens à leur vie, ainsi qu’un peu de piment à leur…

1 mai 2010 / Critiques

olivier-rolin-tigre-en-papierL’histoire

A la demande de la fille de son meilleur ami et camarade de luttes mort depuis longtemps, un homme exhume leur passé militant dans cette France de Pompidou qui menaçait de reprendre son « ennui » après l’épisode Mai 68 et où quelques jeunes maoïstes de la Gauche prolétarienne espéraient faire vivre la flamme de la Révolution.
Ainsi, au volant de sa vieille DS, sur un périph’ désert où souvenirs imprécis et désirs réfrénés baignent dans l’omniprésente lumière des panneaux publicitaires (symboles de notre époque de « fin des idéologies »), revivent sous sa plume souvent acerbe, mais sans aigreur ni nostalgie, dans un récit où les faits s’enchevêtrent et s’emmêlent dans les digressions du cinquantenaire, ces petits épisodes de jeunesse idéologique abandonnée avant qu’en « Allemagne et en Italie l’histoire de ces années-là ne s’enfonce dans le sang » (p. 92).
On y croise alors certains de ces maos aujourd’hui passés au Rotary, les Benny Lévy (Gédéon) ou Serge July (Amédée), des jeunes intellectuels honteux se rachetant auprès des masses dans ces établis qui les firent vivre au milieu des ouvriers, des bourgeois en quête d’aventure (qu’on n’appelait pas encore des bobos), des étudiants avides de servir et de transcendance, des ratés, des pauvres bougres un peu à la masse, tous un peu confondus dans l’action mais aux prises, inexorablement, avec les affres de leurs indécrottables individualités, donnant raison à cet anonyme qui avait écrit sur le tableau de la Sorbonne que « les structures ne descendent pas dans la rue ».

19 janvier 2009 / Critiques

Sans doute la première fois que j’ai préféré l’adaptation cinématographique d’un livre à son œuvre-mère… A lire ce livre de Quignard, la musique m’a manqué, Jean-Pierre Marielle m’a manqué, les Depardieu m’ont manqué et même la langue française m’a manqué… Bande originale de la bulle : un extrait du film…

14 décembre 2008 / Critiques

Sommaire du roman

bienveillantesCe pavé de près de 1400 pages (édition de poche) est le récit rétrospectif à la première personne de Maximilian Aue, revenant sur sa participation aux massacres de masse en tant qu’officier SS, entre ses vingt-cinq et trente ans.
Avec un ton d’observateur froid – il rédige des rapports aux autorités supérieures de la SS, ne prenant que très rarement le rôle d’exécuteur – le narrateur raconte, tout en effectuant de fréquents retours en arrière sur son enfance et sa jeunesse, son expérience de la guerre, les massacres, sa tentative désespérée de faire travailler les Juifs pour l’effort de guerre, son homosexualité, les déboires de son corps, et l’obsession incestueuse de l’amour qu’il porte à sa sœur jumelle.

Suivant le rythme des œuvres au clavecin de Jean-Philippe Rameau, Jonathan Littell a divisé le roman en sept parties :

  1. Toccata : elle constitue une sorte de prologue faustien où Maximilian Aue expose son projet et les raisons qui l’ont poussées à écrire. Dénué de mauvaise conscience, il ne cherche pas à se justifier ou à rendre des comptes, mais insiste sur l’aspect ordinaire des bourreaux et soutient que ce destin peut être celui de tous ceux qu’il appelle, avec François Villon, ses « frères humains ». Le lecteur apprend qu’il est, dans les années 60, un industriel spécialisé dans la production de dentelles quelque part dans le Nord de la France. Il a une vie rangée, est marié, a des enfants vis-à-vis desquels il n’exprime aucune affection.
  2. Allemandes I et II : membre des  »Einsatzgruppen », sur le front de l’Est] en Ukraine, dans le Caucase et en Crimée, il assiste aux massacres  »à ciel ouvert », des Juifs ( »La Shoah par balles ») et des bolcheviques à l’arrière du front. Le chapitre s’achève par l’affectation-sanction du narrateur à Stalingrad.
  3. Courante : partie consacrée au siège et à  la bataille de Stalingrad, dont Aue réchappe miraculeusement, bien qu’une balle lui ait traversé la tête.
  4. Sarabande : le narrateur effectue sa convalescence sur l’île de Usedom, à Berlin et en France. La mère et le beau-père du héros sont assassinés lors de son séjour chez eux à Antibes, très probablement par Aue, dans un moment de folie.
  5. Menuet (en rondeaux) : chapitre le plus long du roman. Affecté au ministère du Reich à l’Intérieur dirigé par Heinrich Himmler, il joue un rôle actif dans la gestion illusoire de la « capacité productive » du « réservoir humain » que constituent les prisonniers juifs.  On entrevoit les rouages du IIème Reich, ses querelles intestines, sur fond de débandade annoncée. Appliqué à faire son travail, comme Eichmann le sien, les deux hommes se croisent et confrontent leurs intérêts respectifs contraires. Par ailleurs, deux commissaires, Clemens et Weser, chargés d’enquêter sur le meurtre de la mère du narrateur et de son compagnon, le soupçonnent très vite et n’auront de cesse de le poursuivre.
  6. Air : fuite du narrateur dans la propriété de sa sœur et de son beau-frère, en Poméranie, dans une orgie « bataillienne » de nourriture, d’alcool et d’onanisme où s’étalent les obsessions sexuelles de Max Aue.
  7. Gigue : relate la fuite de Aue et son ami Thomas, venu le chercher dans sa réclusion, devant l’avancée des soviétiques, puis le séjour dans la capitale assiégée.
13 mai 2006 / Critiques

Un thésard tombe par hasard sur une référence mystérieuse à Gaspard Languenhaert, hurluberlu philosophe du XVIIIème siècle, qui avait développé une philosophie solipsiste à la façon du scepticisme de Calderón dans la Vida es un sueño, et va se prendre au jeu d’un labyrinthe borgésien dans lequel il finira par…

29 avril 2006 / Critiques
27 avril 2006 / Critiques

Une nouvelle qui aura su, par son intensité et la qualité du lecteur, nous scotcher le temps d’un Budapest-(Bratislava)-Vienne en voiture, sous un ciel gris. Photo d’entête : “DSC09791s” par Tim S.