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14 décembre 2008

Sommaire du roman

bienveillantesCe pavé de près de 1400 pages (édition de poche) est le récit rétrospectif à la première personne de Maximilian Aue, revenant sur sa participation aux massacres de masse en tant qu’officier SS, entre ses vingt-cinq et trente ans.
Avec un ton d’observateur froid – il rédige des rapports aux autorités supérieures de la SS, ne prenant que très rarement le rôle d’exécuteur – le narrateur raconte, tout en effectuant de fréquents retours en arrière sur son enfance et sa jeunesse, son expérience de la guerre, les massacres, sa tentative désespérée de faire travailler les Juifs pour l’effort de guerre, son homosexualité, les déboires de son corps, et l’obsession incestueuse de l’amour qu’il porte à sa sœur jumelle.

Suivant le rythme des œuvres au clavecin de Jean-Philippe Rameau, Jonathan Littell a divisé le roman en sept parties :

  1. Toccata : elle constitue une sorte de prologue faustien où Maximilian Aue expose son projet et les raisons qui l’ont poussées à écrire. Dénué de mauvaise conscience, il ne cherche pas à se justifier ou à rendre des comptes, mais insiste sur l’aspect ordinaire des bourreaux et soutient que ce destin peut être celui de tous ceux qu’il appelle, avec François Villon, ses « frères humains ». Le lecteur apprend qu’il est, dans les années 60, un industriel spécialisé dans la production de dentelles quelque part dans le Nord de la France. Il a une vie rangée, est marié, a des enfants vis-à-vis desquels il n’exprime aucune affection.
  2. Allemandes I et II : membre des  »Einsatzgruppen », sur le front de l’Est] en Ukraine, dans le Caucase et en Crimée, il assiste aux massacres  »à ciel ouvert », des Juifs ( »La Shoah par balles ») et des bolcheviques à l’arrière du front. Le chapitre s’achève par l’affectation-sanction du narrateur à Stalingrad.
  3. Courante : partie consacrée au siège et à  la bataille de Stalingrad, dont Aue réchappe miraculeusement, bien qu’une balle lui ait traversé la tête.
  4. Sarabande : le narrateur effectue sa convalescence sur l’île de Usedom, à Berlin et en France. La mère et le beau-père du héros sont assassinés lors de son séjour chez eux à Antibes, très probablement par Aue, dans un moment de folie.
  5. Menuet (en rondeaux) : chapitre le plus long du roman. Affecté au ministère du Reich à l’Intérieur dirigé par Heinrich Himmler, il joue un rôle actif dans la gestion illusoire de la « capacité productive » du « réservoir humain » que constituent les prisonniers juifs.  On entrevoit les rouages du IIème Reich, ses querelles intestines, sur fond de débandade annoncée. Appliqué à faire son travail, comme Eichmann le sien, les deux hommes se croisent et confrontent leurs intérêts respectifs contraires. Par ailleurs, deux commissaires, Clemens et Weser, chargés d’enquêter sur le meurtre de la mère du narrateur et de son compagnon, le soupçonnent très vite et n’auront de cesse de le poursuivre.
  6. Air : fuite du narrateur dans la propriété de sa sœur et de son beau-frère, en Poméranie, dans une orgie « bataillienne » de nourriture, d’alcool et d’onanisme où s’étalent les obsessions sexuelles de Max Aue.
  7. Gigue : relate la fuite de Aue et son ami Thomas, venu le chercher dans sa réclusion, devant l’avancée des soviétiques, puis le séjour dans la capitale assiégée.
13 mai 2006

Un thésard tombe par hasard sur une référence mystérieuse à Gaspard Languenhaert, hurluberlu philosophe du XVIIIème siècle, qui avait développé une philosophie solipsiste à la façon du scepticisme de Calderón dans la Vida es un sueño, et va se prendre au jeu d’un labyrinthe borgésien dans lequel il finira par…

29 avril 2006
27 avril 2006

Une nouvelle qui aura su, par son intensité et la qualité du lecteur, nous scotcher le temps d’un Budapest-(Bratislava)-Vienne en voiture, sous un ciel gris.

1 octobre 2005

Dans un style plaisant, Zorilla a essayé de retranscrire un Don Juan facétieux, volontiers joueur, et a doublé le couple maître libertin/valet pour créer une émulation entre deux séducteurs… Cette structure ne s’avère pas très heureuse car Don Juan (comme il l’est par exemple dans celui de Molière) ne paraît…