Partir avant la fin d’un match

Je peux tout à fait comprendre les gens qui, bien qu’ils aiment le football ne viennent pas au stade pour une raison de distance ou de prix. Mais ceux que je ne comprends pas, ce sont ceux qui sont au stade et qui partent avant la fin d’un match quand leur équipe perd… même en cas de déroute, il faut boire le calice jusqu’à la lie de la défaite, garder jusqu’au bout les yeux grands ouverts afin de s’en rappeler les jours de victoires ! Car c’est justement la possibilité de la défaite qui rend la victoire belle.

Cette mentalité du ‘je-ne-regarde-que-quand-on-gagne’, ‘je-ne-veux-que-des-victoires’, c’est un peu comme casser son jouet dès qu’il ne fait exactement ce qu’on veut ou faire voler le plateau de jeu quand on perd.
On dirait des adolescents idiots, obèses du cerveau comme souvent du corps, qui veulent jouer à des jeux vidéos mais pas durs avec des énigmes de gamins de 6 ans qu’ils peuvent résoudre en deux minutes et où ils sont sûrs de gagner sans trop de mérite, juste pour pouvoir le dire en société et flatter bassement leur ego. Ça fait des tarés irascibles qui n’acceptent pas la réalité et se réfugient dans les bras de n’importe quel sauveur, leader charismatique ou Etat-nounou qui les protège des affres de l’existence, en échange d’un plaisir factice et souvent de bovins, voire de violence sur d’autres populations qui risqueraient de venir leur prendre un confort qu’ils estiment « acquis » pour avoir eu le bon goût de naître dans les bonnes frontières.

Personnellement, ça en dit aussi long sur leur amour du football. Un peu comme les adeptes du ‘il-n’y-a-que-la-victoire-qui-compte’ qui peuvent tout aussi bien se faire du bien en regardant des grilles de résultats qui les satisfont ou des classements, plutôt que les matchs eux-mêmes. En tout cas, les déserteurs montrent qu’ils ne sont pas là pour le football. Car, au pire, si ton équipe prend cher, tant pis pour le score, soutiens-là dans l’adversité, si tu es supporter ; ou regarde le jeu de l’adversaire et apprécie-le pour la beauté du jeu, si tu es spectateur ; voire cumule les deux.

Mais partir comme un rat quitte le navire…

Photo d’entête : “The Kop seats” par Jean Mottershead.

(PdB) Écrit par :