Pourquoi Angot ?

Angot est un pur produit des services secrets français, publié avec la complicité de quelques éditeurs patriotes qui nous veulent du bien, comme Stock ou Flammarion.

Ainsi comme d’autres mettent des hameçons pour attraper des poissons, les gens qui nous protègent à coups d’état d’urgence, projettent ce genre de conneries dans les librairies et bibliothèques pour attraper les cons. Une fois identifiés1, on peut les surveiller car le con finit toujours par être dangereux, tôt ou tard.

Je ne peux pas tout te révéler, lecteur anonyme, mais je sais de source sûre que plusieurs attentats à l’intelligence ont déjà été évités grâce à cette liste secrète des angogots. Merci gentils protecteurs des ministères de l’Intérieur et de la Prop… Culture.

Rassurez-vous, Angot n’est pas la Sade moderne que toute une génération de crétins érudits a encensé dans les années 70 (et encensent parfois encore), ce n’est pas juste une minable provocatrice de cette espèce scatophile qui se nourrit des excréments de la littérature, l’être humain apprend de ses erreurs et c’est bien un outil dans la lutte contre le terrorisme intérieur.

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« Oui, parce que je déteste qu’on se gausse, qu’on nie quelqu’un qui donne à entendre sa voix, à nu, et qui tente de ne pas perdre sa dignité. » Autrement dit : ma sincérité, qui est d’ailleurs mon seul talent, vous impose de me respecter et même de m’admirer comme si j’avais quelque talent supplémentaire. A quoi il est hélas impossible (…) de répondre par exemple ceci qu’on ne lui demandait rien, pas même d’être sincère, encore moins d’écrire. Car le règne de l’égalitisme écarte jusqu’à l’idée qu’on ne vous demande rien.
Philippe Muray, Festivus Festivus, Flammarion, Champs/Essai, 2008, p. 210n.

Bande originale de la bulle : Serengeti, “The Whip”

Morceau écouté, sans exagérer, plus de quarante fois d’affilée un matin de boulot sans envie (on se drogue comme on peut), cloison sonore au milieu de l’open space. Jusqu’à ce que ma collègue de bureau, assise à trois mètres de moi, me supplie d’arrêter… Je ne savais pas qu’elle entendait le thème aigu et le beat… Pauvre Elsa !

« And the winner, by K.O. … » [Family & friends dans sa totalité vaut l’écoute, soit dit en passant…]

Photo d’entête : “Sculpture Coprophagia” par Gerard Girbes Berges.

  1. Je ne suis pas sûr mais je crois qu’on entre dans la liste après avoir acheté deux livres de cette dame (puisqu’on peut tromper mille fois un homme, enfin, non, on ne peut pas tromper mille fois un homme mais mille fois, enfin, vous m’avez compris…) et emprunté au moins trois de ses livres en bibliothèque []
(PdB) Écrit par :